Un coup de pouce bienvenu pour la main-d’œuvre indigène

Face au vieillissement de la population, la promotion de la main-d’œuvre indigène a été élevée au rang de priorité politique.

Mieux concilier vie familiale et professionnelle, renforcer la promotion de la relève, réintégrer les seniors dans le marché du travail: le Conseil fédéral s’attelle à cette tâche depuis 2011. Mais son «initiative» visant à combattre la pénurie de personnel qualifié n’a pas pleinement répondu aux attentes.

L’exécutif a donc décidé de passer à la vitesse supérieure en adoptant, il y a quelques jours, un paquet de sept mesures concrètes afin d’encourager le potentiel de main-d’œuvre indigène. Les travailleurs âgés sont les principaux bénéficiaires de ce plan d’action limité dont le coût est estimé à 300 millions de francs.

Des mesures ciblées

Les employeurs apportent leur soutien à ce programme d’impulsion. Parce que le recours à la main-d’œuvre qualifiée est la clé de la compétitivité des entreprises et que les mesures incitatives qu’il contient renforcent les conditions-cadre de notre marché du travail libéral sans créer de distorsions en matière d’emploi. Mais aussi parce que le Conseil fédéral focalise son action sur la catégorie de chômeurs qui ont plus de peine retrouver un emploi: les seniors.

Le gouvernement entend en particulier renforcer l’action des Offices régionaux de placement en matière d’accompagnement, de conseil et de mentorat à l’intention des travailleurs âgés.

La formation continue: une priorité

C’est une mesure judicieuse puisque plusieurs études révèlent une corrélation positive entre le suivi individualisé des chômeurs et leur réintégration professionnelle. Les chômeurs de plus de 60 ans en fin de droit ayant peu de débouchés sur le marché du travail et qui vivent dans des conditions financières difficiles pourront recevoir des pouvoirs publics une prestation transitoire couvrant leurs besoins vitaux.

Ce coup de pouce financier vise à éviter que ce groupe de chômeurs ne vienne grossir les rangs des bénéficiaires de l’aide sociale. A l’ère de la numérisation, la vie professionnelle n’a rien d’un long fleuve tranquille. Dans ce contexte mouvant, la formation continue devient une priorité. Le bilan de carrière une nécessité.

Le Conseil fédéral l’a bien compris. Il invite tout un chacun à se former continuellement et propose aux plus de 40 ans la possibilité de réaliser gratuitement une analyse de leur situation et de bénéficier de services d’orientation de carrière.

Le Conseil fédéral envisage également d’étendre le préapprentissage d’intégration aux jeunes en provenance des pays européens et d’Etat tiers, réservé jusqu’ici aux jeunes réfugiés admis à titre provisoire. Cette voie a déjà été suivie avec succès dans les secteurs de l’hôtellerie restauration et de la construction. Les employeurs se félicitent de cette proposition qui permet à la fois de répondre aux besoins des entreprises et d’alléger le fardeau financier des collectivités publiques.

Le commentaire de Marco Taddei est paru dans «L’Agefi».