Les recommandations patronales au nouveau Parlement

Le grand chambardement. La vague verte qui a déferlé sur la Suisse le 20 octobre a entraîné dans son sillage une recomposition de la scène politique fédérale. Jamais encore une élection fédérale n’avait offert de telles incertitudes. Une chose est sûre cependant: les nouveaux élus devront empoigner plusieurs dossiers de politique patronale revêtant une importance cruciale pour l’avenir du pays. Les employeurs ont établi un catalogue de revendications à leur attention, dont voici les plus importantes.

L’avenir des retraites tout d’abord. Les finances de l’AVS vont à vau l’eau. Pour assurer la pérennité de notre principale assurance sociale, une réforme structurelle et équilibrée, touchant aussi bien les recettes que les dépenses, s’impose. Dans un premier temps, il s’agit de stabiliser les finances de l’AVS jusqu’au milieu des années 2020. A cette fin, l’âge de la retraite des femmes doit être porté à 65 ans et la TVA relevée de 0,3 point, alors que le Conseil fédéral propose une augmentation de 0,7 point.

Pour sécuriser les assurances sociales, le nouveau Parlement devra surmonter le tabou du relèvement progressif de l’âge de la retraite. A l’instar de nombreux pays de l’UE, la Suisse ne peut faire l’économie, face au défi démographique, d’un relèvement progressif de cette limite générale à partir de 2027.

Adopté début juillet, le compromis des partenaires sociaux sur la LPP, qui est soutenu par le Conseil fédéral, doit être rapidement mis en œuvre. Les mesures proposées modernisent et renforcent les institutions de la LPP. Elles réduisent le taux de conversion minimal tout en garantissant le niveau actuel des rentes. Le compromis améliore à la fois la situation des assurés à faible revenu, en particulier les femmes, ainsi que l’employabilité des seniors.

Les employeurs favorables à l’accord-cadre

Les accords bilatéraux avec l’UE doivent être préservés et développés, dans le respect des mesures d’accompagnement qui assurent la protection des travailleurs. Les employeurs sont favorables à l’accord-cadre, moyennant certains correctifs et précisions. Ils rejettent sans réserve l’initiative de résiliation de l’UDC, qui pourrait sonner le glas de la voie bilatérale.

Quotas féminins, contrôles des salaires, congés de toutes sortes: le Parlement sortant a péché par des interventions dirigistes gonflant l’Etat providence. Cette boulimie législative, qui renchérit les coûts salariaux et met à mal l’efficacité du marché du travail, doit être enrayée à tout prix. Les employeurs préconisent des mesures prises individuellement ou dans le cadre de conventions collectives adaptées aux possibilités et aux besoins des entreprises.

En vigueur depuis 1964, la Loi fédérale sur le travail apparaît obsolète au vu des profondes mutations que connaît le marché du travail. L’automatisation des emplois, l’essor des plateformes numériques, l’apparition de nouvelles formes de travail, appellent une modernisation de cette loi.  Sur la question de l’enregistrement simplifié du temps de travail, qui a été introduit le 1er janvier 2016, une deuxième étape s’impose en vue d’éliminer l’inégalité actuelle entre les entreprises avec et sans convention collective.

Tout  le cataloge dexigences de l’Union patronale suisse.

Le commentaire de Marco Taddei est paru dans «L’Agéfi».