Soutenir les chômeurs âgés en évitant les abus

Faut-il aider les chômeurs âgés qui peinent à retrouver un emploi? Oui, répond le Conseil fédéral qui, en mai dernier, a adopté un paquet de sept mesures destinées à améliorer l’employabilité des seniors et à éviter que ce groupe de chômeurs ne vienne grossir les rangs des bénéficiaires de l’aide sociale.

Le gouvernement entend ainsi renforcer l’action des Offices régionaux de placement en matière d’accompagnement des travailleurs âgés. Il offre également aux plus de 40 ans la possibilité de bénéficier gratuitement de services d’orientation de carrière.

Le plan d’action fédéral doit aussi permettre aux chômeurs de plus de 60 ans en fin de droit, qui ne parviennent pas à retrouver un emploi après avoir travaillé pendant de nombreuses années et qui sont en situation financière précaire, de recevoir une prestation transitoire assurant la couverture du minimum vital jusqu’à leur départ à la retraite. Cette proposition a fait l’objet d’une procédure de consultation.

Quatre correctifs pour prévenir les abus

Dans leur prise de position, les employeurs accueillent favorablement le modèle proposé. Ils réclament toutefois quatre correctifs pour prévenir les abus et les effets d’aubaine. Premier correctif: l’âge donnant droit à la rente-pont doit être relevé à 62 ans. Il s’agit avant tout d’éviter des départs à la retraite anticipée aux frais du contribuable. De la sorte, le cercle des bénéficiaires sera réduit.

Una allocation excessive

Deuxièmement, le montant de la prestation doit être plafonné à deux fois le niveau actuel des prestations complémentaires.

L’allocation prévue par le Conseil fédéral, qui est trois fois plus élevée que celle des prestations complémentaires, paraît en effet excessive. Pareille générosité risque de dissuader les bénéficiaires d’accepter un poste convenable.

Troisième précision réclamée par les employeurs: l’octroi de la prestation doit être lié à l’obligation de la recherche d’un emploi. Pour le dire autrement, les bénéficiaires sont tenus de prouver qu’ils sont à la recherche d’un emploi.

Enfin, quatrième garde-fou: la prestation doit être limitée dans le temps. Comme l’ont montré plusieurs expériences faites dans les pays voisins, le danger d’un encouragement à la retraite anticipée est bien réel.

Améliorer l’employabilité

Le Parlement devra donc évaluer cette mesure et son efficacité au plus tard neuf ans après son entrée en vigueur. La nouvelle disposition légale devra être abrogée au bout de 12 ans, par analogie avec la solution retenue pour la loi sur l’égalité.

La prestation transitoire pour les chômeurs âgés constitue une mesure de dernier recours qui vient compléter la stratégie en faveur des seniors mise en place depuis plusieurs années par la Confédération, avec le soutien des partenaires sociaux. La priorité doit donc être donnée aux mesures adoptées lors des Conférences nationales sur les travailleurs âgés qui visent à améliorer l’employabilité de cette catégorie de travailleurs.

Le commentaire de Marco Taddei est paru dans «L’Agéfi».