Le monde du travail à l’épreuve du Covid

L’année 2020 s’achève bientôt. L’heure est venue de tirer un premier bilan. Le coronavirus a incontestablement chamboulé nos modes de vie. A-t-il également bouleversé nos façons de travailler? Et quel a été le réel impact de ce cygne noir sur l’emploi?

Depuis le début de la pandémie, les entreprises tournent au ralenti et subissent les affres de l’ingérence d’un Etat sanitaire tout puissant, qui leur impose des quarantaines, des plans de protection et même des fermetures. Conséquence: la crise sanitaire a entraîné une crise économique se traduisant par une hausse du taux de chômage (qui a bondi à 3,3% au mois de novembre).

Si la Suisse n’a pas connu une vague de licenciement, elle doit une fière chandelle au dispositif du chômage partiel, dont le cercle des bénéficiaires et la durée ont été étendus. Au plus fort de la première vague épidémique, 1,9 million de personnes étaient au régime des réductions d’horaire de travail.

La crise sanitaire a révélé un double clivage du monde du travail. D’une part, entre les activités dites essentielles (soigner, nourrir) et non essentielles; et, d’autre part, entre le télétravail et le travail sur site. Elle a également mis en avant une classe d’actif hétérogène qui contribue largement à notre prospérité: les indépendants.

Le Covid-19 a accéléré la numérisation du travail. Pendant le semi-confinement du printemps, la moitié des salariés suisses a basculé en télétravail. La majorité d’entre eux disent vouloir continuer de travailler à distance, même une fois la crise terminée.

Cette première expérience à large échelle fait apparaître que le télétravail recèle des avantages (gains de temps et de productivité), mais également des inconvénients (isolement et manque de contacts sociaux). Elle a également montré que les facteurs clés de réussite de cette modalité de travail sont la confiance entre l’employeur et l’employé et l’équilibre entre activité à domicile et au bureau.

Même au temps du coronavirus, l’ouverture de notre marché du travail s’est révélée être un atout précieux. Comment nos hôpitaux pourraient-ils fonctionner sans les quelque 30.000 frontaliers français travaillant dans le domaine de la santé? Les Suisses l’ont bien compris, eux qui ont sèchement rejeté l’initiative dite de limitation le 27 septembre dernier. L’une des rares notes positives de cet annus horribilis.

Le commentaire de Marco Taddei est paru dans «L’Agéfi».