Surtaxes douanières, tensions géopolitiques, persistance du franc fort: 2025 aura été l’année de tous les dangers pour l’économie suisse, et, par extension, pour le marché du travail. Dans les secteurs fortement tournés vers l’export, le chômage partiel a explosé. Malgré la réduction des droits de douane américains à 15 pour cent, l’incertitude demeure.
Et pourtant, dans ce contexte hostile, les bonnes nouvelles ne manquent pas. Selon le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco), le taux de chômage en Suisse est passé de 3 à 3,1 pour cent de janvier à décembre 2025. Malgré cette légère hausse, notre pays demeure un petit coin de paradis en matière d’emploi. Ce résultat confirme la forte capacité de résilience du marché du travail helvétique et le dynamisme de nos entreprises.
Les nouvelles sont également réjouissantes sur le front de la pénurie de main-d’œuvre. Ralentissement économique oblige, le nombre de postes vacants s’est fortement réduit l’année passée. Une évolution heureuse pour les entreprises qui peinent à recruter du personnel qualifié. Mais l’accalmie risque d’être de courte durée. La conjoncture défavorable ne pèse pas lourd face au vieillissement démographique: selon les estimations, 300.000 actifs pourraient manquer à l’horizon 2035.
Autre bonne nouvelle: l’année 2025 a été marquée par le rejet du salaire minimum dans trois cantons: Soleure, Bâle-Campagne et Fribourg. Le bon sens populaire a donc triomphé: non au salaire minimum car ce corset réglementaire affaiblit le partenariat social, met à mal la flexibilité du marché du travail et restreint la liberté d’entreprendre. Fribourg devient ainsi le seul canton romand à avoir refusé le salaire minimum. Reste à espérer qu’en 2026 les citoyens vaudois et valaisans suivront l’exemple fribourgeois.
Le partenariat social a montré une fois de plus qu’il est l’une des clés du succès helvétique
Il convient également de saluer la décision prise par le Conseil national en juin dernier d’accorder la priorité aux conventions collectives de travail (CCT) déclarées de force obligatoire générale sur le droit cantonal. Ce faisant, le National renouvelle son soutien à la motion Ettlin «Protéger le partenariat social contre des ingérences discutables». Les CCT, il faut le rappeler, tiennent compte non seulement des salaires, mais aussi d’autres conditions de travail spécifiques à la branche (horaires, formation continue, prestations sociales, etc.). Ce système éprouvé serait mis à mal par les salaires minimaux fixés par l’Etat.
En 2025, le partenariat social a montré une fois de plus qu’il est l’une des clés du succès helvétique. Deux exemples pour illustrer ce constat. Dans le cadre des Bilatérales III, l’entente entre partenaires sociaux a conduit à l’adoption de treize mesures visant à garantir la protection des salaires en Suisse, complétant ainsi l’accord conclu en décembre 2024 par la Confédération et l’Union européenne (UE). Ce compromis, obtenu de haute lutte, est un préalable indispensable à l’adoption des Bilatérales III.
Face aux turbulences liées aux droits de douane américains de 39 pour cent, les partenaires sociaux ont multiplié les démarches pour prolonger la durée maximale du chômage partiel de 18 à 24 mois. Le 15 octobre dernier, le Conseil fédéral a répondu favorablement à cette demande. Une bouée de sauvetage bienvenue et nécessaire pour limiter les licenciements dans les secteurs touchés de plein fouet par les tarifs américains.
Le commentaire de Marco Taddei est paru dans «l’Agéfi».