Le Conseil des Etats ne veut pas dépenser plus pour la formation
Le Conseil des Etats veut encourager la formation et la recherche entre 2013 et 2016, grâce à un total de 26 milliards de francs. Il a autorisé les crédits correspondants. Il est, par contre, opposé à un renforcement du budget, ainsi que sa commission l’avait proposé.
| Nicole Meier
Premier conseil, la Chambre haute a suivi le Conseil fédéral dans sa décision. Sans opposition et avec une ou deux abstentions seulement, elle a approuvé les crédits correspondants.
Mais elle n’a rien voulu savoir des propositions de sa Commission de la formation (CSEC-E). Celle-ci voulait globalement accroître les crédits de 293 millions de francs. De fort peu à chaque fois – avec ou au deux abstentions tout au plus – il a refusé les motions correspondantes. La Commission des finances avait également rejeté cette augmentation.
Formation professionnelle, hautes écoles, recherche et innovation se partagent les crédits, lesquels totalisent CHF 23,878 milliards pour 11 objets. Si l’on y ajoute les fonds dévolus à la participation aux programmes de recherche de l’UE, on obtient environ CHF 26 milliards. Le Conseil national doit maintenant se pencher sur ces crédits.
L’essor de l’intelligence artificielle impose d’adapter les compétences des salariés, mais pas de centraliser la formation continue. Entreprises et branches seraient mieux placées pour suivre des besoins.
Le Conseil des États privilégie une approche pragmatique en matière d'allègement de la charge des entreprises formatrices ainsi que de formation continue et de reconversion professionnelle. Il renonce à mettre en place prématurément de nouveaux instruments de soutien et des structures étatiques supplémentaires. L'Union patronale suisse salue cette orientation.
Une enquête menée auprès de 2900 entreprises formatrices a relevé d’importantes lacunes chez les apprentis. Un résultat alarmant, qui pourrait pousser les sociétés à former moins d’apprenants.
Les compétences des jeunes en lecture et en mathématiques continuent de baisser. C’est ce que confirment les résultats du rapport PISA 2025 publiés aujourd’hui, ce qui corrobore les constatations des entreprises formatrices, comme l’a montré une enquête récemment publiée par les associations professionnelles. Pour l’Union patronale suisse, une chose est claire : les compétences de base des jeunes doivent à nouveau occuper une place centrale, car elles constituent le fondement de la réussite scolaire, de la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée et de la compétitivité de la Suisse.