Formation continue des travailleurs âgés: un financement étatique est inutile

15 novembre 2016,  Nouvelles

Le Conseil fédéral entend soutenir financièrement la formation continue des travailleurs âgés afin de maintenir leur employabilité. Or aucune analyse des faits ne démontre qu’il est nécessaire d’y consacrer des deniers publics. De même, la concrétisation des mesures prévues reste totalement floue. Ce qui est clair, en revanche, c’est que la Confédération veut associer les partenaires sociaux à ses efforts.

Le Conseil fédéral a chargé le département responsable de développer jusqu’à fin avril 2017 un concept pour le financement de la formation continue des travailleurs peu qualifiés et plus particulièrement des travailleurs plus âgés. De toute évidence, il répond ainsi à la pression liée à la mise en œuvre de l’initiative contre l’immigration de masse et à la promesse, conformément à l’initiative destinée à combattre la pénurie de personnel qualifié, de mieux exploiter le potentiel offert par la main-d’œuvre indigène.

A cet égard, il convient toutefois de noter que la recherche de la formation ne constate aucun besoin général d’encourager financièrement le groupe des travailleurs âgés. S’il est certes important que ces personnes – si possible de concert et avec le soutien de leur employeur – continuent à se former de manière ciblée et maintiennent leur employabilité, rien ne justifie une aide financière des pouvoirs publics, hormis les déductions fiscales déjà possibles.

Il est ressorti des débats nourris sur la loi sur la formation continue, qui entrera en vigueur début 2017, que des mesures étatiques supplémentaires étaient nécessaires uniquement pour le groupe cible des personnes ayant des lacunes dans leurs compétences de base ou sans diplôme postobligatoire. C’est donc à juste titre que les autorités mettront ces prochaines années l’accent sur cette catégorie de personnes. S’agissant de la formation continue des travailleurs âgés au bénéfice d’un titre postobligatoire ou de qualifications supérieures, il existe déjà, compte tenu de l’intérêt privé prépondérant des travailleurs comme des employeurs, suffisamment d’incitations qui rendent des réglementations et des mesures de promotion de l’Etat superflues.

Pour l’Union patronale suisse, c’est au milieu de la vie active que des états des lieux et des formations continues spécifiques sont importants. En l’occurrence, on en appelle ici tant à la responsabilité individuelle des personnes concernées qu’à une politique du personnel judicieuse des employeurs. On peut aussi s’appuyer sur un système d’orientation professionnelle, universitaire et de carrière performant et sur des offices régionaux de placement efficaces, que l’on pourrait éventuellement encore améliorer. En un mot comme en cent: il est malvenu de vouloir soutenir avec des deniers publics la formation continue d’un groupe cible qui, en principe, n’a pas de problèmes financiers.

Le thème aura aussi des implications pour les employeurs. Les trois principaux instruments de financement proposés par la Confédération afin d’encourager la participation à la formation continue des travailleurs âgés sont les suivants: les bons de formation, les mesures de la part de l’assurance-chômage et les fonds des branches professionnelles. Et c’est en particulier via ces derniers que la Confédération ne manquera pas de demander aux employeurs de passer à la caisse.