Marché du travail

2024, une année faste pour les salariés

L’année en cours s’annonce en revanche plutôt sombre pour le porte-monnaie des travailleurs.

Bonne nouvelle pour les salariés. Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), les salaires nominaux ont connu une hausse moyenne de 1,8 pour cent en 2024. Du jamais vu depuis 15 ans. Mieux encore, les salaires réels (ajustés à l’inflation) ont également progressé de 0,7 pour cent. Un retour à la normale après trois années où le pouvoir d’achat des salaires est resté en berne.

L’année 2024 a été particulièrement favorable aux femmes, qui ont bénéficié d’une augmentation de 2,6 pour cent en termes nominaux, soit 1,4 pour cent de plus que les hommes. Ce résultat s’inscrit dans une tendance lourde caractérisée par une diminution constante des écarts de rémunération entre les sexes.

C’est la preuve que la progression du taux d’activité des femmes, qui est passée de 72,6 à 79,2 pour cent de 2000 à 2022, s’accompagne d’une progression qualitative: les femmes travaillent de plus en plus dans des domaines d’activité bien rémunérés tout en profitant de modèles de travail favorables à la vie familiale.

L’enquête de l’OFS fait également apparaître des différences sectorielles: les dynamiques salariales ont été plus fortes dans le secteur tertiaire (+1,9 pour cent) que dans le secteur secondaire (+1,5 pour cent). Cet écart s’explique essentiellement par le contexte international difficile et incertain dans lequel évolue depuis quelque temps l’industrie d’exportation.

 

La disparité de traitement en faveur des collaborateurs de l’Etat s’apparente à de la concurrence déloyale

 

En 2024, l’administration publique a de nouveau connu une forte hausse des salaires (+ 2,5 pour cent), dépassant ainsi le secteur privé, après avoir déjà enregistré une hausse record de 3,6 pour cent en 2023. Pas étonnant dès lors que, comme le montre une enquête menée en 2023 par l’Institut de politique économique (IWP) de l’Université de Lucerne, les rémunérations des fonctionnaires fédéraux soient supérieures d’environ un tiers à celles dans le secteur privé.

Cette disparité de traitement en faveur des collaborateurs de l’Etat s’apparente à de la concurrence déloyale car le secteur public n’est pas soumis aux mêmes contraintes de performance que les sociétés privées et peut se prévaloir d’un atout de taille: la sécurité de l’emploi. Cela complique la tâche des entreprises à la recherche de la perle rare.

Si l’évolution des salaires a été globalement positive en 2024, l’avenir proche s’annonce plutôt sombre pour le porte-monnaie des travailleurs. La vague de droits de douane américains fait craindre un retour de l’inflation. Sur le plan interne, plusieurs projets actuellement sur l’agenda politique fédéral – 13e rente AVS, financement des crèches, initiative populaire pour un congé familial – risquent d’alourdir massivement les charges salariales.

Le commentaire de Marco Taddei est paru dans «l’Agéfi».