Tel un serpent de mer, le congé parental fait son retour au Parlement. Pas moins de trois initiatives cantonales et deux pétitions favorables à son introduction ont récemment été examinées par la Commission compétente du Conseil des Etats. Allant dans le même sens, une initiative populaire lancée en avril 2025 par les Verts demande un congé familial de 36 semaines.
Selon ses partisans, le congé parental possède plusieurs vertus dont celle d’améliorer la conciliation entre vie familiale et professionnelle, encourageant ainsi les femmes à accroître leur taux d’activité. Vraiment?
Toute médaille a son revers. Cette nouvelle extension des assurances sociales constituerait une double peine pour les employeurs. Financé par les allocations pour perte de gains, le congé parental entraîne une hausse des charges salariales, ce qui risque de mettre en péril des emplois. De plus, des absences prolongées représentent une contrainte organisationnelle importante pour les entreprises, en particulier pour les PME.
La priorité doit être donnée aux modalités de travail flexibles et à une offre accrue d’accueil extra-familial financièrement viable.
Plus fondamentalement, il est permis de douter que davantage d’absences professionnelles des parents améliorent durablement la conciliation entre vie privée et vie professionnelle. D’autres solutions, plus efficaces et moins onéreuses, doivent être privilégiées. La priorité doit être donnée aux modalités de travail flexibles et à une offre accrue d’accueil extra-familial financièrement viable.
Cela passe également, sur le plan fiscal, par la suppression de la «pénalisation du mariage» dans le cadre de l’impôt fédéral direct. Cette distorsion fiscale touche quelque 450.000 couples mariés à deux revenus. Aujourd’hui, ces derniers doivent remplir une déclaration commune et paient davantage d’impôts que les concubins dans une situation économique équivalente, car imposés séparément.
Soumise à votation populaire le 8 mars prochain, l’initiative populaire «Pour une imposition individuelle indépendante de l’état civil», indique la voie à suivre. Elle préconise que chaque adulte soit imposé individuellement, indépendamment de l’état matrimonial, supprimant ainsi la discrimination fiscale des couples mariés. Les femmes, qui travaillent majoritairement à temps partiel, seraient les premières à en profiter, car elles sont souvent confrontées à un taux d’impôt marginal élevé dès qu’elles augmentent leur taux d’occupation.
Plus que le congé parental, l’imposition individuelle est susceptible d’avoir un impact positif sur l’activité professionnelle des femmes. Selon l’Institut de politique économique suisse de l’Université de Lucerne, cette réforme fiscale devrait permettre à environ 15.400 personnes d’entrer sur le marché du travail. Si l’on ajoute celles et ceux qui augmenteraient leur taux d’occupation, il en résulte une hausse de 16.300 équivalents à temps plein.
Le commentaire de Marco Taddei est paru dans «l’Agéfi».