Congé de paternité: les meilleures solutions se négocient dans l’entreprise

24 mai 2016,  Nouvelles

Une initiative populaire entend garantir par voie légale un congé paternité de quatre semaines aux pères en activité. Indépendamment du fait que son financement par le régime des APG fausserait l’ordre des priorités de la politique sociale, cette solution uniforme imposée par l’Etat priverait les entreprises de la souplesse dont elles ont besoin. Au contraire, les modalités d’un congé de paternité doivent pouvoir se déterminer individuellement en fonction des besoins des intéressés et des possibilités de l’entreprise.

Récemment, le Parlement a opposé une fin de non recevoir à un projet de loi portant sur un congé paternité payé de deux semaines. Mais voilà qu’une alliance d’organisations de salariés, d’hommes, de femmes et familiales entend soumettre cette question au peuple, en lançant l’initiative «Pour un congé paternité raisonnable – en faveur de toute la famille». Laquelle va encore plus loin que l’initiative individuelle qui a échoué devant le Parlement et demande quatre semaines de congé au lieu de deux. Financée par le régime des allocations pour perte de gain, cette mesure coûterait 380 millions de francs par année au bas mot.

L’Union patronale suisse est opposée à un congé paternité réglé et imposé par l’Etat. Face à l’important défi de la prévoyance vieillesse – garantir le niveau des rentes à leur niveau actuel – et aux incertitudes de la situation économique, des charges financières supplémentaires seraient inacceptable pour les employeurs. De plus, gardons à l’esprit que toutes les entreprises – de la petite PME comptant une poignée de salariés à la grande société – n’ont pas les mêmes possibilités en matière de congé de paternité. Les promoteurs de l’initiative soulignent que leur congé «peut être pris de manière flexible». Mais leur proposition n’a rien de flexible: c’est une formule rigide qui s’applique uniformément à tous. Voilà pourquoi il faut lui préférer les solutions négociées en entreprise. Il ne s’agit absolument pas de s’opposer par principe au congé de paternité, mais celui-ci doit être négocié entre les employeurs et les collaborateurs et déterminé en fonction de chaque situation, ainsi que des autres conditions de travail.

Alors qu’une entreprise, par exemple, aura la possibilité d’accorder à un jeune papa des journées de congé supplémentaires, une autre lui offrira davantage de souplesse dans son travail et une troisième des prestations accessoires plus généreuses. Le fait que dans de nombreuses entreprises, des accords de ce genre existent et font leur preuve montre que cela fonctionne déjà bien ainsi. Au lieu de restreindre encore plus la liberté de manœuvre des entreprises, il faut poursuivre dans cette voie puisqu’elle offre des solutions véritablement flexibles, qui tiennent compte des besoins à la fois de l’employeur et du père.