Marché du travail Général

Rapport de l’Observatoire : l’immigration reste centrale et nécessite des réformes en Suisse

Le dernier rapport de l’Observatoire sur l’accord sur la libre circulation des personnes confirme l’importance majeure de l’immigration liée au marché du travail pour l’économie suisse. L’immigration en provenance des pays de l’UE et de l’AELE reste étroitement liée à la demande des entreprises et contribue à financer les assurances sociales. Du point de vue de l’Union patronale suisse, elle reste donc un pilier central de la réussite économique de la Suisse, mais doit s’accompagner de réformes internes.

Le rapport de l’Observatoire du Secrétariat d’État à l’économie (SECO) évalue chaque année l’impact de la libre circulation des personnes sur le marché du travail suisse et les assurances sociales. En 2025, 50’900 ressortissants de l’UE/AELE ont immigré en Suisse grâce à la libre circulation des personnes, en solde net. Dans un contexte de ralentissement de la dynamique économique, ce chiffre est inférieur au niveau des trois années précédentes, mais supérieur à la moyenne pluriannuelle.

L’accord sur la libre circulation est étroitement lié aux besoins de l’économie

L’immigration au titre de la libre circulation des personnes est clairement déterminée par le marché du travail, puisque près de 70 pour cent des nouveaux permis de séjour ont été délivrés à des personnes disposant d’un contrat de travail. Par ailleurs, un autre 18 pour cent sont arrivés dans le cadre du regroupement familial de personnes déjà actives sur le plan professionnel, et nombre de ces nouveaux arrivants se sont eux-mêmes mis à exercer une activité professionnelle par la suite. Le rapport 2025 confirme également une nouvelle fois que l’immigration complète la main-d’œuvre nationale, mais ne la remplace pas. Cela se reflète notamment dans les taux d’emploi : avec 87 pour cent, les ressortissants de l’UE/AELE affichent une participation moyenne au marché du travail plus élevée que les Suisses et Suissesses. Ils travaillent également, en moyenne, à des taux d’occupation plus élevés.

Un allègement pour les assurances sociales, mais des défis structurels demeurent

Le vieillissement de la population pose des défis croissants au marché du travail suisse et aux assurances sociales. L’immigration contribue à atténuer cette pression démographique. Les ressortissants de l’UE/AELE apportent une contribution supérieure à la moyenne à cet égard, puisqu’ils versent environ 28 pour cent des cotisations à l’AVS et à l’AI, mais ne perçoivent que 15 pour cent des prestations. Mais les personnes immigrées partent elles aussi tôt ou tard à la retraite, raison pour laquelle l’immigration ne remplace pas les réformes structurelles de la prévoyance vieillesse. Elle laisse plutôt le temps de procéder aux adaptations nécessaires et d’assurer le financement des assurances sociales à long terme.

L’immigration a besoin de réformes au niveau national

Lors de son intervention à l’occasion du point de presse, Roland A. Müller, directeur de l’Union patronale suisse, a précisé que la libre circulation des personnes est un élément important de la force économique de la Suisse. Elle aide les entreprises à trouver la main-d’œuvre dont elles ont besoin, contribue à des salaires élevés et renforce le volume de travail, la valeur ajoutée et les assurances sociales. Dans le contexte de l’évolution démographique, cela représente un avantage considérable.

Il a toutefois précisé que la libre circulation des personnes ne dispense pas la Suisse de mener les réformes nécessaires sur le plan intérieur : « Bien au contraire. Si nous voulons continuer à faire accepter l’immigration sur notre marché du travail, nous devons encore mieux exploiter le potentiel national, favoriser des parcours professionnels plus longs et garantir structurellement la prévoyance vieillesse. Il est tout aussi important que les personnalités politiques abordent sérieusement les problèmes qui accompagnent une forte immigration tels que ceux liés au logement, aux infrastructures, à l’école, aux transports, à l’asile et aux éventuelles incitations inopportunes », a souligné Roland A. Müller.