Formation

L’apprentissage, la clé vers l’emploi

La Suisse confirme la force de sa formation duale, clé d’un accès rapide à l’emploi et d’un chômage des jeunes très faible.

La formation professionnelle est à l’honneur en cette fin d’année 2025. Le 25 novembre dernier, s’est tenu à Berne le Sommet national de la formation professionnelle. Au même moment, les Journées des métiers et de la formation, à Lausanne, et la Cité des métiers, à Genève, ont permis à des milliers de jeunes de découvrir le monde de l’apprentissage.

Une occasion rêvée pour rappeler que notre système de formation professionnelle constitue la voie royale vers l’emploi. Si la Suisse peut se prévaloir d’un taux de chômage des jeunes parmi les plus faibles au monde (3,1 pour cent en octobre 2025), il le doit en partie à sa formation «duale» alliant savoirs théoriques et expérience pratique. C’est la clé du succès qui permet aux jeunes d’entrer rapidement en contact avec le monde du travail.

Une étude de l’Union patronale suisse confirme que l’apprentissage est un remède au chômage. Depuis 2010, le nombre de personnes sans emploi avec une formation professionnelle initiale a diminué de 40 pour cent, alors que les titulaires d’un master universitaire au chômage ont augmenté d’environ 70 pour cent. Trop souvent considéré comme une «voie de garage», l’apprentissage contribue ainsi à lutter contre la pénurie chronique de main-d’œuvre.

Le patronat s’engage en faveur de l’introduction des mentions «Professional Bachelor» et «Professional Master» afin de renforcer la reconnaissance nationale et internationale des diplômes de la formation professionnelle supérieure

L’implication des milieux économiques est au cœur de cette réussite. La coopération étroite entre l’Etat et le secteur privé dans la définition du contenu de la formation permet de tenir compte au plus près des besoins des entreprises. Ce qui, par ricochet, favorise l’employabilité des jeunes.

Les employeurs y trouvent leur compte. Une récente enquête de l’Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle montre qu’en moyenne un apprenti rapporte près de 4500 francs par an à son entreprise. Autre résultat réjouissant: 80 pour cent des employeurs sondés se disent plutôt ou très satisfaits de la formation de leurs propres apprentis.

C’est dans ce contexte favorable que le conseiller fédéral Guy Parmelin a récemment réuni les principaux acteurs de la formation professionnelle lors du Sommet de la formation professionnelle 2025. Le constat est partagé: la formation duale demeure le meilleur vecteur d’insertion professionnelle, mais rien ne serait plus périlleux que de se reposer sur ses lauriers.

Du point de vue des employeurs, l’attrait de l’apprentissage doit être renforcé, notamment chez les jeunes. Les plans d’enseignement doivent mieux tenir compte de l’évolution technologique en intégrant les compétences clés en matière de numérisation et d’IA.

De même, le patronat s’engage en faveur de l’introduction des mentions «Professional Bachelor» et «Professional Master», et ce afin de renforcer la reconnaissance nationale et internationale des diplômes de la formation professionnelle supérieure. Les compléments au titre doivent montrer aux parents, aux enseignants et aux conseillers d’orientation que l’apprentissage offre des possibilités nombreuses et équivalentes à celles offertes par les études universitaires.

Le commentaire de Marco Taddei est paru dans «l’Agéfi».