Formation: le Conseil national dit oui aux dépenses

22 juin 2015,  Nouvelles

Le Conseil national réclame des moyens supplémentaires pour le domaine de la formation, de la recherche et de l'innovation (FRI) afin de faire face à la pénurie de personnel qualifié. L’Union patronale suisse est convaincue de la nécessité de renforcer le système de formation, mais insiste sur le fait que le domaine FRI ne doit pas grever davantage des finances fédérales déjà mises à mal.

Le Conseil national demande à la Confédération de prévoir une croissance annuelle de 3,9 pour cent des moyens financiers destinés à l’encouragement de la formation, de la recherche et de l’innovation durant les années 2017 à 2020. Cette croissance doit notamment permettre de créer des impulsions dans tous les domaines de la formation afin de lutter contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Pour l’Union patronale suisse (UPS), la question des investissements dans la formation reste prioritaire. Elle estime toutefois que ce thème doit être traité dans le cadre d’une vision globale et compte tenu de l’état de santé des finances fédérales. La motion va maintenant être transmise au Conseil des Etats.

La baisse de la natalité entraînera une stagnation, voire un recul de la population active en Suisse. Face à ces évolutions démographiques, que les restrictions à l’immigration viennent encore renforcer, les entreprises doivent impérativement mieux utiliser le potentiel de main-d’œuvre indigène. Un système de formation et de perfectionnement durable proche du marché du travail, un modèle d’innovation répondant aux besoins de l’économie ainsi qu’une politique de recherche et de formation appropriée jouent ici un rôle déterminant.

Concernant le message FRI pour les années 2017 à 2020, les employeurs estiment que, par rapport à d’autres tâches de la Confédération, l’encouragement du domaine FRI doit continuer de figurer en tête de liste des tâches prioritaires. Cela étant, ce soutien doit s’inscrire dans un cadre supportable pour le budget fédéral, c’est-à-dire tenir compte de la dégradation des finances de la Confédération et de la nécessité de respecter le frein à l’endettement. La priorité doit être donnée aux mesures permettant d’améliorer la compétitivité des entreprises, l’employabilité de la population active et la productivité du travail. Autant de mesures qui doivent systématiquement promouvoir l’engagement privé dans le domaine FRI plutôt que d’exiger une aide étatique.

Il n’est pour l’heure guère possible d’estimer avec précision le besoin de financement concret et, partant, le taux de croissance annuel des crédits FRI. Pour cela, il faut selon l’UPS attendre la publication du message du Conseil fédéral annoncée pour le printemps 2016. Pour le gouvernement comme pour les milieux économiques, il importe que la Confédération continue d’accorder une haute priorité aux divers domaines FRI et de veiller à une répartition équilibrée des moyens financiers entre ceux-ci dans la perspective d’un développement continu de la formation, de la recherche et de l’innovation en Suisse.