Dans notre société vieillissante, quelle est la place des plus de 60 ans sur le marché du travail? Un récent rapport du Conseil fédéral montre que leur situation ne cesse de s’améliorer. En 2024, le taux d’emploi des 60 à 64 ans était de 68,8 pour cent, l’un des plus élevés des pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Les employeurs jouent donc le jeu. Mais quels sont les avantages pour les entreprises de recruter cette catégorie de seniors? Et comment rendre l’embauche des 60 plus attractive? Ces questions sont au cœur d’une enquête récemment menée pour le compte de focus50plus, un réseau patronal visant à intégrer les travailleurs de plus de 50 ans dans le marché du travail, auprès de 500 cadres dirigeants et responsables des ressources humaines.
Expérience, savoir-faire, loyauté, sens des responsabilités: la grande majorité des employeurs interrogés disent apprécier les qualités de leurs collaborateurs de plus de 60 ans, qui constituent un atout majeur pour leur entreprise.
Les chefs d’entreprise sondés accordent une attention particulière à leurs seniors. Les modèles de temps de travail flexibles et la promotion de la collaboration intergénérationnelle sont particulièrement répandus. Force est toutefois de constater que les entreprises devraient promouvoir plus activement l’employabilité des plus de 60 ans, notamment par une formation continue ciblée et une planification individuelle de la retraite.
Seules 18,8 pour centdes personnes âgées de 65 à 74 ans poursuivent leur activité professionnelle. On doit faire mieux dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre
Les cotisations salariales sont-elles un frein à l’engagement des plus de 60 ans? Oui, répondent 38 pour cent des PME sondées. Un avis partagé par 28 pour cent des entreprises de plus de 250 collaborateurs. Des incitations financières permettraient de lever ces obstacles. Deux tiers des entreprises se disent favorables à des allègements fiscaux en fonction de la proportion de salariés de plus de 60 ans au sein de l’entreprise, alors que la moitié d’entre elles privilégient une déduction fiscale supplémentaire pour les frais de formation continue de cette tranche d’âge.
Quid de l’âge de la retraite? L’enquête montre que dans la grande majorité des entreprises (83%), la retraite intervient à 65 ans. Malgré cet attachement à l’âge de référence, les employeurs portent un avis positif sur l’allongement du temps de travail jusqu’à 67 ans, au motif principal qu’un savoir-faire précieux resterait au sein de l’entreprise.
A l’heure actuelle, seules 18,8 pour cent des personnes âgées de 65 à 74 ans poursuivent leur activité professionnelle. On doit faire mieux dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. Pour y parvenir, la majorité des employeurs interrogés mettent en avant deux types de mesures: des allègements fiscaux en cas de poursuite de l’activité professionnelle après l’âge de référence et l’augmentation de la franchise AVS. L’adoption récente de la motion «Rendre plus attrayante dans l’AVS la poursuite volontaire du travail après l’âge de la retraite» montre que le Parlement est sur la même longueur d’onde que les employeurs.
Le commentaire de Marco Taddei est paru dans «l’Agéfi».