Le Conseil fédéral prévoit d’injecter cette année 20,2 milliards de francs pour combler l’effroyable déficit de l'assurance-chômage. Le fait qu'il renonce parallèlement à augmenter les cotisations salariales est aussi un baume pour l'économie, déjà durement éprouvée. Les employeurs saluent également les nouvelles étapes annoncées vers une normalisation de la vie économique.
Le Parlement réuni en session extraordinaire a largement suivi le Conseil fédéral. Il a donné son aval à plusieurs dizaines de milliards de crédits urgents, correspondant à près de la moitié de la dette fédérale antérieure à la crise. Grâce au Conseil des États, une interdiction contre-productive de versement des dividendes n’a pas passé la rampe. Pour les employeurs, jusqu’ici, les institutions ont fait leurs preuves face à la crise.
La Suisse ayant surmonté la première phase de la pandémie, le Conseil fédéral assouplit les restrictions massives imposées à l’économie. Pour éviter une vague d'insolvabilité et de faillites, les employeurs estiment que le processus de normalisation qui a été entamé doit rapidement progresser. Les règles adoptées en faveur des personnes vulnérables et des indépendants doivent encore passer le test pratique.
Le Conseil fédéral a prolongé jusqu’au 26 avril les mesures de lutte existantes contre le coronavirus, tout en laissant entrevoir un premier assouplissement d'ici la fin avril. En outre, les travailleurs sur appel pourront désormais demander une indemnité de chômage partiel. Les employeurs soutiennent l’élargissement des mesures, de même que la perspective d’une reprise économique progressive.
Le compromis des partenaires sociaux, qui constitue la base même du projet de loi LPP mis en consultation par le Conseil fédéral, est soutenu par une large majorité des membres de l'Union patronale suisse. En Suisse romande et au Tessin, cette adhésion est très compacte. Il s’agit à présent de transmettre le projet au Parlement dans les meilleurs délais.
A l'avenir, le Conseil fédéral pourra autoriser un canton à restreindre ou à suspendre l'activité de secteurs économiques entiers pour une courte période. Les partenaires sociaux, entre autres, doivent être consultés à cette fin. Pour l'Union patronale suisse, cette réglementation d'exception restrictive empêche tout arrêt de l'économie à l'échelle nationale sans l'accord du Conseil fédéral.