Les rentes AI pour les moins de 30 doivent être une exception
Au chapitre de la réforme de l’assurance-invalidité, le Conseil fédéral avance trop timidement. Bien que l’AI continue d’afficher un déficit annuel de 600 millions de francs et que sa dette auprès de l’AVS s’élève à 13 milliards de francs, il semble craindre d’engager des mesures de réforme structurelle.
| Barbara Zimmermann-Gerster
Il est tout à fait judicieux, et très important, que le Conseil fédéral s’attelle à une nouvelle révision de l’AI. Après l’échec de la révision 6b de l’AI, une reprise des travaux de révision est en effet indispensable. La réforme que présente le Conseil fédéral comporte des mesures qualitatives appréciables – notamment le fait de mettre davantage l’accent sur les enfants et les jeunes victimes de troubles psychiques. Pour le reste, hélas, le Gouvernement n’envisage pas de mesures d’économies supplémentaires, alors qu’elles sont urgentes. L’AI n’est pas encore assainie. Le déficit structurel de cette assurance a de nouveau dépassé le demi-milliard de francs en 2014. De plus, l’AI a toujours une dette de plus de 13 milliards auprès de l’AVS.
Compte tenu du nombre élevé de nouveaux rentiers chez les jeunes adultes il faut résolument s’opposer, dorénavant, à l’octroi prématuré de rentes. L’Union patronale suisse postule ici un changement de principe: accorder des rentes AI aux moins de 30 ans doit devenir l’exception. Ces rentes doivent être réservées aux enfants et aux jeunes souffrant de graves infirmités congénitales et qui n’ont aucune chance de trouver un emploi sur le marché du travail primaire. Les autres jeunes doivent être encouragés à prendre ou reprendre pied dans le monde du travail grâce à des incitations positives et des mesures de soutien ciblées.
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Barbara Zimmermann-Gerster
Responsable du secteur politique sociale et Assurances Sociales
L’Union patronale suisse salue la voie empruntée dans le cadre de la réforme des rentes de survivants. Dans le même temps, elle estime nécessaire d’examiner de manière approfondie les répercussions des extensions adoptées par le Conseil national, notamment dans la loi sur l’égalité des personnes handicapées. Les nouvelles obligations imposées aux employeurs risquent d’entraîner des coûts disproportionnés, une insécurité juridique et une bureaucratie excessive, ce qui freine l’inclusion plutôt que de la favoriser. Les employeurs attendent ici une correction significative.
Quand on parle de politique patronale, on parle souvent de conditions cadres, de réglementation et de compétitivité. Des aspects certes importants, mais un marché du travail solide ne s’y résume pas. L’élément déterminant est que les gens aient la possibilité de mettre leurs compétences à profit.
Une nouvelle étude de l’Office fédéral des assurances sociales examine comment améliorer la réinsertion professionnelle des personnes atteintes de troubles psychiques sur le marché du travail primaire. Elle montre que les employeurs s’engagent fortement, mais ont besoin d’un soutien technique plus systématique de la part de l’AI. Une meilleure collaboration avec les professionnels traitants ainsi que des solutions individuelles et viables sur le plan de l’entreprise sont déterminantes.
Le Conseil national a donné suite à deux initiatives de commission de la CSSS-N visant à avancer le début de l’épargne-retraite dans la prévoyance professionnelle ou à réduire les taux de crédit actuels de quatre à deux. De l’avis de l’Union patronale suisse, l’intention qui sous-tend ces initiatives est compréhensible, mais il ne faut pas les traiter séparément, mais plutôt les intégrer dans une analyse globale. Si l’on modifie des paramètres de la prévoyance professionnelle de manière isolée, le système risque de se déséquilibrer sans apporter de valeur ajoutée claire.