Le Conseil fédéral apporte son soutien à la stabilisation de la prévoyance vieillesse
Le Conseil fédéral recommande au public d’accepter la réforme AVS 21. Les employeurs appuient vivement cette réforme, qui vise à garantir les rentes de millions de Suisses pour les dix prochaines années.
| Barbara Zimmermann-Gerster
Après des décennies de blocage des réformes, les citoyennes et citoyens suisses auront la possibilité, cet automne, de conduire l’AVS vers des eaux plus sereines. Après 25 ans sans réforme générale, la prévoyance vieillesse se trouve aujourd’hui dans une situation financière très délicate. Dans notre pays, en effet, l’évolution démographique suit inéluctablement son cours et les habitants sont de plus en plus nombreux à prendre de l’âge, alors que toujours moins de personnes entrent sur le marché du travail. Le système de prévoyance de la Suisse doit impérativement être adapté à cette nouvelle donne. Faute de quoi ce pilier majeur de la prévoyance risque bientôt de s’effondrer. Sans réforme, les recettes de l’AVS ne suffiront bientôt plus à garantir les rentes. Rien qu’au cours des dix prochaines années, l’AVS aura besoin de 18,5 milliards de francs supplémentaires pour faire face à ses obligations.
Le Conseil fédéral a reconnu cette urgence et recommande d’accepter la réforme visant à stabiliser l’AVS (AVS 21) lors de la votation de cet automne. Celle-ci comprend plusieurs mesures pour assurer le financement des rentes ces dix prochaines années: institution d’un âge de la retraite unique, flexibilisation des départs à la retraite et relèvement de la TVA. L’Union patronale suisse applaudit à la recommandation du Conseil fédéral en faveur de AVS 21. Les employeurs sont convaincus qu’une adaptation structurelle de l’AVS à la réalité démographique est absolument indispensable pour préserver cette assurance sociale majeure, donc les rentes de millions de Suisses. Sans oublier que la rente AVS constitue une part essentielle du revenu d’une grande partie des 2,6 millions de retraités de notre pays.
L’Union patronale suisse salue la voie empruntée dans le cadre de la réforme des rentes de survivants. Dans le même temps, elle estime nécessaire d’examiner de manière approfondie les répercussions des extensions adoptées par le Conseil national, notamment dans la loi sur l’égalité des personnes handicapées. Les nouvelles obligations imposées aux employeurs risquent d’entraîner des coûts disproportionnés, une insécurité juridique et une bureaucratie excessive, ce qui freine l’inclusion plutôt que de la favoriser. Les employeurs attendent ici une correction significative.
Quand on parle de politique patronale, on parle souvent de conditions cadres, de réglementation et de compétitivité. Des aspects certes importants, mais un marché du travail solide ne s’y résume pas. L’élément déterminant est que les gens aient la possibilité de mettre leurs compétences à profit.
Une nouvelle étude de l’Office fédéral des assurances sociales examine comment améliorer la réinsertion professionnelle des personnes atteintes de troubles psychiques sur le marché du travail primaire. Elle montre que les employeurs s’engagent fortement, mais ont besoin d’un soutien technique plus systématique de la part de l’AI. Une meilleure collaboration avec les professionnels traitants ainsi que des solutions individuelles et viables sur le plan de l’entreprise sont déterminantes.
Le Conseil national a donné suite à deux initiatives de commission de la CSSS-N visant à avancer le début de l’épargne-retraite dans la prévoyance professionnelle ou à réduire les taux de crédit actuels de quatre à deux. De l’avis de l’Union patronale suisse, l’intention qui sous-tend ces initiatives est compréhensible, mais il ne faut pas les traiter séparément, mais plutôt les intégrer dans une analyse globale. Si l’on modifie des paramètres de la prévoyance professionnelle de manière isolée, le système risque de se déséquilibrer sans apporter de valeur ajoutée claire.