Les employeurs renforcent les activités de réinsertion facultatives
L’association Compasso présente de nouveaux instruments pour la réadaptation professionnelle et soutient ainsi les activités de réinsertion facultatives des employeurs. Ces derniers ont déjà largement contribué à la transformation de l’AI en assurance de l’intégration. Des réglementations sur les quotas sont donc inutiles et peuvent même aller à l’encontre du but recherché.
| Barbara Zimmermann-Gerster
L’association Compasso présente de nouveaux instruments pour la réadaptation professionnelle. Elle met ainsi à jour et développe ses services pour aider les employeurs dans la détection précoce et la réinsertion de personnes atteintes dans leur santé. Sur le portail Internet de Compasso, employeurs, cadres et responsables RH trouvent des informations exhaustives sur la prévention et la détection précoce des problèmes de santé ainsi que sur les possibilités d’intervention pour les employeurs. «Notre première priorité est de maintenir l’employabilité des personnes concernées», explique Martin Kaiser, président de Compasso et responsable du secteur Politique sociale à l’Union patronale suisse.
Les nouveaux services permettent aux employeurs de renforcer leur engagement en matière d’intégration et de réinsertion professionnelles. Les chiffres les plus récents de l’AI appuient cette stratégie misant sur la responsabilité propre. Rien qu’en 2014, l’engagement des employeurs a permis à 20 000 personnes atteintes dans leur santé de garder leur emploi ou d’en trouver un nouveau. Cela montre à quel point la sensibilisation, les réseaux et le développement d’instruments applicables dans la pratique ont été efficaces pour les aider à rester sur le marché de l’emploi. Par contre, des réglementations sur les quotas sont inutiles et peuvent même aller à l’encontre du but recherché. L’intégration professionnelle ne fonctionne pas sous la contrainte légale. Bien au contraire, le succès actuel a été remporté grâce à des structures souples et conformes aux besoins. Les activités d’intégration sous responsabilité propre l’emportent donc clairement sur les dispositions légales rigides.
L’Union patronale suisse salue la voie empruntée dans le cadre de la réforme des rentes de survivants. Dans le même temps, elle estime nécessaire d’examiner de manière approfondie les répercussions des extensions adoptées par le Conseil national, notamment dans la loi sur l’égalité des personnes handicapées. Les nouvelles obligations imposées aux employeurs risquent d’entraîner des coûts disproportionnés, une insécurité juridique et une bureaucratie excessive, ce qui freine l’inclusion plutôt que de la favoriser. Les employeurs attendent ici une correction significative.
Quand on parle de politique patronale, on parle souvent de conditions cadres, de réglementation et de compétitivité. Des aspects certes importants, mais un marché du travail solide ne s’y résume pas. L’élément déterminant est que les gens aient la possibilité de mettre leurs compétences à profit.
Une nouvelle étude de l’Office fédéral des assurances sociales examine comment améliorer la réinsertion professionnelle des personnes atteintes de troubles psychiques sur le marché du travail primaire. Elle montre que les employeurs s’engagent fortement, mais ont besoin d’un soutien technique plus systématique de la part de l’AI. Une meilleure collaboration avec les professionnels traitants ainsi que des solutions individuelles et viables sur le plan de l’entreprise sont déterminantes.
Le Conseil national a donné suite à deux initiatives de commission de la CSSS-N visant à avancer le début de l’épargne-retraite dans la prévoyance professionnelle ou à réduire les taux de crédit actuels de quatre à deux. De l’avis de l’Union patronale suisse, l’intention qui sous-tend ces initiatives est compréhensible, mais il ne faut pas les traiter séparément, mais plutôt les intégrer dans une analyse globale. Si l’on modifie des paramètres de la prévoyance professionnelle de manière isolée, le système risque de se déséquilibrer sans apporter de valeur ajoutée claire.