Sans réformes menées à bien en temps utile, notre système suisse de prévoyance vieillesse, aujourd'hui efficace, ne tardera pas à se transformer en gouffre financier du fait de l'évolution démographique. Voilà pourquoi les milieux économiques, dans leur mémoire de réponse à la procédure de consultation, présentent au Conseil fédéral des solutions constructives en vue de préserver le niveau actuel des rentes. Au lieu de porter tout l'effort sur un seul et même paquet mammouth de mesures, ils réclament une vision globale s'appuyant sur des actions segmentées en portions digestes et obéissant à des priorités claires.
Parmi les mesures de la révision 6b de l’AI qui avait échoué, l’Union patronale suisse (UPS) veut mettre en œuvre le plus rapidement possible les plus susceptibles de rallier une majorité. L’OCDE va dans le sens de cette démarche. Elle voyait dans le projet 6b d’importantes mesures favorables au maintien de l’employabilité et à l’intégration des handicapés psychiques. De nombreux employeurs s’engagent déjà sur ce sujet, mais ils ne peuvent pas maîtriser seuls les défis croissants qui s’annoncent. C’est pourquoi les mesures indispensables doivent être mises en œuvre rapidement, d’autant plus qu’elles sont incontestées et déjà élaborées.
À l’occasion d’une conférence de presse, le Comité «contre l’immigration de masse» souhaitait démontrer que des pans de l’économie suisse soutiennent l’initiative de l’UDC. Le choix des orateurs prouve pourtant le contraire : hors du groupe UDC, il n’y a guère d’entrepreneurs qui s’engagent en faveur de cette initiative des plus nuisibles. Les branches économiques ont rarement parlé d’une seule voix, comme elles le font en prévision de la votation du 9 février 2014.
À l’instar du Conseil fédéral et du Conseil des États, le Conseil national refuse par 128 voix contre 59 l’initiative des syndicats sur les salaires minimums. Celle-ci entend introduire en Suisse un salaire minimum de 4’000 francs par mois dicté par l’État, ce qui en ferait le plus élevé du monde. Cette initiative est dangereuse à plusieurs égards: la politique salariale ne concerne pas l’État, mais les partenaires sociaux, sans compter que l’initiative menace des emplois faiblement rémunérés.
L’initiative de l’UDC «contre l’immigration de masse», qui est soumise au vote le 9 février 2014, entend saper l’accord actuel sur la libre circulation des personnes avec l’UE. Elle propose, à la place, de réintroduire un système de contingents pour le séjour de travailleurs étrangers. Une étude du Centre de recherches pour le marché de l’emploi et l’économie industrielle de l’Université de Bâle, menée sous la direction du professeur Sheldon, montre que l’initiative de l’UDC n’est pas la solution. Premièrement, la libre circulation des personnes est une réussite sur le plan économique et, deuxièmement, les solutions proposées par l’UDC sont impraticables.
Avec environ les deux tiers des voix contre l’initiative «1:12», le peuple suisse a dit clairement non à un diktat de l’Etat sur les salaires. Refusant de s’infliger un auto-goal, il s’est prononcé en faveur du modèle économique suisse et de ses avantages: le plein emploi et la prospérité. Malgré ce revers cuisant, les syndicats et la Gauche réclament déjà, avec l’initiative sur les salaires minimums, un nouveau diktat salarial de l’Etat qui remet en cause le partenariat social et la place économique suisse.