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Le Conseil des Etats souhaite renforcer la responsabilité de l’entrepreneur contractant

Selon le Conseil des Etats, l’entrepreneur contractant des secteurs de la construction, du génie civil et du second œuvre doit répondre civilement du non-respect des conditions minimales de salaire et de travail pour tous les sous-traitants, à moins qu’il ne puisse prouver avoir accompli son devoir de diligence dans la mesure commandée par les circonstances, en matière de respect des conditions de travail et de rémunération, lors de l’attribution et de la sous-traitance des travaux. L’Union patronale suisse rejette résolument cette décision qui constitue une restriction de l’autonomie privée aux effets préjudiciables.

La Chambre haute a décidé, contre l’avis de sa commission, de privilégier la variante selon laquelle l’entrepreneur contractant des secteurs de la construction, du génie civil et du second œuvre était civilement responsable du non-respect par les sous-traitants des salaires minimaux nets et des conditions de travail mentionnés à l’article 2, alinéa 1 de la loi sur les travailleurs détachés. Cette responsabilité solidaire est valable pour tous les entrepreneurs et sous-traitants qui succèdent à l’entrepreneur contractant dans une chaîne contractuelle.

Cependant, l’entrepreneur contractant ne répond que si le sous-traitant a été poursuivi préalablement en vain ou s’il ne peut pas l’être. L’entrepreneur contractant peut s’exonérer de sa responsabilité s’il prouve avoir accompli son devoir de diligence dans la mesure commandée par les circonstances s’agissant du respect des conditions de travail et de salaire lors de l’attribution et de la sous-traitance des travaux. Il a notamment rempli son devoir de diligence s’il a demandé à ses sous-traitants de prouver de manière crédible, sur la base de documents et de justificatifs, qu’ils respectent bien les conditions de salaire et de travail.

L’Union patronale suisse rejette résolument la décision du Conseil des Etats et ce, pour les raisons suivantes :

Cédant manifestement à la pression des syndicats et à leur menace (implicite) de ne plus soutenir la libre circulation des personnes, le Conseil des Etats a tourné le dos aux principes essentiels d’une législation pourtant scrupuleuse et bien ciblée. Reste à souhaiter que le Conseil national apporte les corrections qui s’imposent à sa version.

Votre personne de contact

Daniella Lützelschwab

Responsable secteur Marché du travail et droit du travail (incl. Sécurité et Santé au Travail)

daniella.luetzelschwab@arbeitgeber.ch

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