Dans le message relatif à l’initiative sur l’immigration de masse qu’il adresse au Parlement, le Conseil fédéral reste fidèle à son intention de doter la nouvelle règlementation de l’immigration d’une clause de sauvegarde. Aujourd’hui comme hier, l’objectif principal est de s’entendre avec l’UE. Le Conseil fédéral signale clairement par là, de même qu’en préparant l’extension du régime de libre circulation des personnes à la Croatie, sa volonté de préserver la voie bilatérale. En revanche, le durcissement des mesures d’accompagnement (FlaM), qu’il a également adopté, menace notre marché du travail libéral de restrictions supplémentaires.
Pour affronter deux grands défis qui se posent à la Suisse, les employeurs proposent des solutions pragmatiques. Nos relations avec l’UE doivent être stabilisées grâce à une clause de sauvegarde, mais sans mesures d’accompagnement supplémentaires, et les prestations de la prévoyance vieillesse doivent rester finançables grâce à une réforme structurelle. Lors d’une conférence de presse organisée à Lausanne, l’Union patronale suisse a aussi confirmé sa volonté de renforcer sa présence en Suisse romande afin d'y améliorer son audience auprès des politiciens et des citoyens romands.
L’économie réclame avec force une réforme rapide et financièrement supportable de la prévoyance vieillesse. Une réforme excluant toute extension des prestations et qui implique, au contraire, d’indispensables mesures structurelles: âge de référence de la retraite à 65 ans pour les deux sexes avec, au besoin, relèvement graduel de cette limite dans le cadre d’une règle de stabilisation pour l’AVS. C’est à ces conditions seulement que le niveau actuel des rentes pourra être maintenu malgré le vent contraire de l’évolution démographique.
Dans son message sur les mesures de mise en œuvre de l’initiative sur l’immigration de masse, le Conseil fédéral, au-delà d’une clause de sauvegarde, renonce à alourdir l’actuel dispositif de lutte contre les abus sur le marché du travail. Il confie aux partenaires sociaux le soin de trouver des solutions aux problèmes correspondants. Enfin dans le cadre de l’initiative visant à combattre la pénurie de personnel qualifié, il entend désormais axer ses efforts sur quatre branches particulièrement touchées.
Le Conseil fédéral engage une nouvelle réforme de l’AI. Après l’échec de la révision 6b, sa démarche est heureuse. Mais le programme du Gouvernement ne prévoit que des mesures qualitatives. Or, pour assainir l’AI, qui continue d’afficher un déficit structurel de 600 millions de francs par année, ce n’est pas suffisant. Des économies supplémentaires s’imposent.
Le Conseil fédéral s’en tient au principe de la libre circulation des personnes et garantit ainsi par là même un principe essentiel des accords bilatéraux. Parallèlement, il propose d’assortir l’initiative sur l’immigration de masse d’une clause de sauvegarde, conformément à ce que l’Union patronale suisse avait d’emblée préconisé. Cette orientation doit être résolument poursuivie.