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Rapport-annuel-2014-epaper

présenter d’autres mesures d’économies. Ce faisant, il tiendra enfin sa promesse prononcée lors de la votation populaire sur le financement additionnel limité dans le temps, selon laquelle celui-ci devrait être complété dans une étape ultérieure par des mesures d’économies. A ce jour, le gouvernement n’a pas encore honoré la promesse qu’il avait faite au peuple. La décision de la Commission de la sé- curité sociale du Conseil national de reprendre en automne ses délibérations sur les mesures inter- rompues concernant un potentiel d’économies d’une centaine de millions de francs est donc lo- gique. Il y a lieu de la saluer. Elle permettrait de donner suite à notre requête. Le Parlement ferait bien de mettre sous toit ce potentiel d’économies. LE PARTENARIAT SOCIAL EN DANGER Après ce tour d’horizon de politique sociale, je souhaite aborder un thème qui me tient très à cœur, mais qui me cause aussi quelques soucis. Il s’agit d’un pilier historique du modèle suisse de succès: le partenariat social. Le régime «campagnes» dont j’ai parlé au début de mon exposé à propos des dossiers qui mobi- lisent l’UPS a des conséquences sur les relations entre partenaires sociaux. Les deux initiatives consécutives qui ont donné lieu régulièrement à des entretiens contradictoires entre partenaires sociauxontlaissédestracesauquotidien.D’autres thèmes, qui étaient abordés dans le passé sur une base bilatérale et constructive tournée vers des solutions ont été différés, quand on n’a pas sim- plement évité les possibilités de rapprochement. Il est évident que l’étalage de controverses en pu- blic et la recherche de compromis autour d’une table de négociations s’excluent mutuellement. C’est aussi ce point qui a provoqué un tel rejet de l’initiative sur les salaires minimums. Se montrer ouverts à des salaires minimums inférieurs au- tour de la table de négociations pour les remettre ensuite en question au moyen d’une initiative po- pulaire, ce n’est pas crédible. Les syndicats de- vraient retrouver le chemin du dialogue entre par- tenaires sociaux. Une séparation stricte entre manœuvres politiques et partenariat social s’im- pose. Si elle ne se réalise pas, notre système de relations sociales qui s’est développé au cours de l’histoire et qui a fait ses preuves risque bien d’être abandonné. Avec un résultat très net de 76,3 pour cent de «non», les employeurs se posent aussi très sérieu- sement cette question: les syndicats représentent- ils encore les intérêts des travailleurs lorsqu’ils formulent des revendications auxquelles le peuple inflige un tel revers et auxquelles même leurs membres n’adhèrent pas? La politique d’associa- tion catégorielle semble supplanter le rôle originel des syndicats, celui de représentation collective des intérêts. Pour l’avenir, cette orientation nuit à leur crédibilité et à la légitimité de leur représen- tation. De tels comportements suscitent du côté des employeurs les réflexes de défense correspon- dants. Or, au vu des défis qui nous attendent, la nécessité de trouver un terrain d’entente entre partenaires sociaux devrait aller de soi. OUVERTURE AU DIALOGUE Afin que le marché suisse du travail demeure un modèle de réussite qui ait de l’avenir, des efforts s’imposent dans différents domaines. La flexibilité et l’ouverture de ce marché sont en danger. Toute- fois, il n’y aura de résultats dans l’intérêt de l’éco- nomie et de la société que si le partenariat social remet à l’honneur ses valeurs originelles, c’est-à- dire la collaboration en dehors des milieux politi- ques, autour d’une table de négociation. C’est dans ce cadre qu’autrefois, les partenaires pouvaient fêter leurs succès. Les employeurs attendent des syndicats qu’ils retrouvent ce fil et qu’ils soient prêts à renouer avec ce dialogue, qui avait été si fructueux. Pour notre part, nous y sommes prêts.

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