Salaires hommes-femmes: misons sur la compatibilité

1 juin 2016,  Nouvelles

Ce que l’Union patronale suisse affirme depuis longtemps est confirmé par une étude du canton de Zurich: les différences de salaires entre femmes et hommes ne sont pas prioritairement une question de sexe. Les salaires des femmes célibataires sont comparables à ceux des hommes. Mais lorsque la «femme» assume des charges familiales et n’exerce plus que quelques activités à temps partiel, l’écart entre les salaires se creuse. Il faut donc aborder la question sous l’aspect des conditions-cadre pour une meilleure compatibilité entre profession et famille.

Une étude mandatée par le Service de l’égalité hommes-femmes du canton de Zurich sur les salaires dans l’économie privée zurichoise en 2014 montre que les différences de salaires entre femmes et hommes ne sont pas directement une question de sexe et de «discrimination des femmes», mais de conciliation entre profession et famille qui oblige aujourd’hui encore une majorité de femmes à réduire fortement leur temps de travail ou à sortir de la vie active. En effet, les salaires des femmes célibataires évoluent de manière similaire à ceux des hommes. Les interruptions d’activité, la réduction du temps de travail et la moindre flexibilité spécifiquement liées à la maternité sont les principales causes de l’infléchissement de la courbe des salaires, précise le communiqué du canton. En outre, selon l’étude, les hommes qui travaillent à temps partiel doivent même s’accommoder d’une perte de salaire plus importante que les femmes.

Une étude commanditée par l’Union patronale suisse (UPS) et publiée l’année dernière a déjà identifié des causes identiques comme explication des disparités salariales entre femmes et hommes. C’est pourquoi l’UPS demande déjà depuis longtemps que l’on s’attaque au problème sous l’angle de l’amélioration des conditions-cadre afin que les femmes puissent participer à la vie active sur une base d’égalité à côté de leur rôle de mère. Cela passe notamment par des structures d’accueil extra-familiales et de meilleures possibilités de déductions fiscales des frais de prise en charge des enfants par des tiers. Il ressort de l’étude zurichoise que ce genre de mesures permettrait de réduire les disparités salariales entre les femmes et les hommes. En instaurant par voie légale des contrôles salariaux dans les entreprises, on passerait à côté de la cause des véritables problèmes. Sans compter que cette pratique engendrerait un surcroît de charges bureaucratiques.