On ne réduira pas les différences salariales sur la base de données fausses

14 juin 2017,  Nouvelles

Alors que les écarts salariaux entre hommes et femmes se réduisent lentement mais régulièrement, les syndicats continuent à répandre des informations erronées pour récolter des voix à l’appui de leurs exigences en matière d’égalité de salaires. Ils occultent ainsi les véritables causes des différences de salaires non explicables qui subsistent, tout en se fermant à des mesures ciblées réellement efficaces.

Certains représentants syndicaux ont visiblement besoin de cours de rattrapage pour savoir interpréter des statistiques officielles. Dans leur campagne en faveur d’une possible initiative populaire sur la mise en application de l’égalité des salaires, ils suggèrent que les femmes sont discriminées car elles gagnent en moyenne 20 pour cent de moins que les hommes. Pour le lecteur pressé, un commentaire paru dans le St. Galler Tagblatt donne même à penser que cette discrimination salariale s’élève à 40 pour cent.

Il est grand temps d’en finir avec la diffusion de ce type d’informations erronées. Que signifient en réalité les 19,1 pour cent d’écart salarial moyen entre femmes et hommes que l’Office fédéral de la statistique (OFS) indique pour l’économie privée? Cette différence au niveau national résulte, d’un côté, de l’ensemble des salaires des femmes en Suisse et, de l’autre, de celui de tous les hommes en Suisse. La moyenne est calculée et communiquée pour l’une et l’autre des deux catégories. Chacune de ces catégories comprend des salarié(e)s d’âges et de formations très divers, issu(e)s de l’ensemble des secteurs et professions. En d’autres termes, les fleuristes sont comparés aux physiciens, les personnes en début de carrière aux spécialistes expérimentés, les universitaires aux manœuvres. Il est clair que tous ne reçoivent pas le même salaire et que cela n’a rien à voir avec de la discrimination.

En ce qui concerne le chiffre de 39,1 pour cent, également indiqué par l’OFS – et qu’exploitent également les syndicats – il s’agit de la part des 20 pour cent de différence salariale globale qui n’est pas explicable par les facteurs examinés par l’Office fédéral, tels l’âge ou la formation. On peut cependant admettre qu’il existe encore d’autres différences entre femmes et hommes qui, raisonnablement, conduisent à des différences de salaires. Une étude mandatée par la commission et le Bureau de l’égalité du canton de Zurich le montre sur la base des interruptions d’activité. Selon cette étude, il arrive aussi aux femmes de gagner moins que les hommes parce que, plus souvent qu’eux, elles réduisent leur temps de travail pendant un certain temps, voire interrompent leur activité.

Pour qui interprète les chiffres correctement, la conclusion est claire: les différences de salaires ne peuvent pas être assimilées à de la discrimination. Mais cela n’empêche pas les syndicats de l’affirmer encore et encore, pour appuyer leur exigence d’un contrôle des salaires dans les entreprises. Ils se ferment ainsi à de véritables mesures ciblées permettant de réduire davantage les différences salariales fondées sur le sexe, par exemple des mesures en faveur de la conciliation travail-famille qui déboucheraient pour les femmes – comme pour les hommes – sur des CV sans rupture, dans la mesure où elles le souhaitent.