Les écarts salariaux diminuent dans l’économie privée

7 mars 2017,  Nouvelles

Les nouveaux chiffres publiés par la Confédération montrent que les différences salariales entre hommes et femmes sont en recul dans l’économie privée. Selon la méthode d’analyse utilisée, les résultats de l’Enquête sur la structure des salaires, même s’ils sont positifs, sont à prendre avec précaution. En effet, d’importants facteurs déterminants pour la rémunération susceptibles d’expliquer des différences salariales liées au sexe ne sont toujours pas pris en considération.

Sur la base de l’Enquête sur la structure des salaires réalisée tous les deux ans auprès de plusieurs dizaines de milliers d’entreprises de l’industrie et du secteur des services, l’Office fédéral de la statistique (OFS) communique que les différences de salaire entre les hommes et les femmes dans l’économie privée ont reculé, passant de 23,6 à 19,5 pour cent. La plus grande part de cette différence s’explique par des facteurs structurels tels que la disparité du niveau de formation ou la différence du nombre d’années de service des travailleurs. L’écart salarial entre hommes et femmes qui ne s’explique pas par les facteurs pris en compte dans l’enquête est encore de 7,6 pour cent. A l’inverse, dans le secteur public, ces différences inexplicables ont même progressé, de 6,2 à 6,9 pour cent.

Ces chiffres doivent être interprétés dans le sens que la méthode utilisée par l’Office fédéral masque d’importants facteurs qui ont également une influence justifiée sur le niveau des salaires. Par exemple, ils ne tiennent pas compte du fait qu’une personne présente des interruptions d’activité ou non. Une étude menée sur mandat de la Commission et du Bureau de l’égalité entre femmes et hommes du canton de Zurich est arrivée à la conclusion que différents parcours professionnels peuvent expliquer des écarts salariaux. Il en ressort que les femmes qui ont toujours travaillé à plein temps ont une évolution salariale analogue à celle des hommes. Ce n’est que lorsqu’elles réduisent leur temps de travail ou l’interrompent pour un temps que l’écart salarial commence à se creuser. Une étude commanditée par l’Union patronale suisse portant sur d’autres facteurs pertinents pour les salaires qui n’affectent pas les calculs de la Confédération va dans le même sens.

Enfin, il ne faut pas ignorer les analyses de salaires auxquelles de nombreuses entreprises procèdent elles-mêmes. Il n’est pas rare qu’en raison de la supériorité de leurs méthodes, on constate des écarts de salaires entre collaboratrices et collaborateurs qui sont plus faibles que les données agrégées de la Confédération.