La formation professionnelle supérieure: un atout à valoriser

30 octobre 2017,  Revue de presse

Un quart des PME suisses doivent faire face à une pénurie aiguë de main-d’œuvre qualifiée: telle est la conclusion à laquelle parvient une récente étude menée par le Crédit Suisse.

Un constat d’autant plus alarmant que le vieillissement démographique va probablement aggraver le problème au cours des prochaines années.

Comment sortir de l’ornière? Si la plupart des employeurs ayant participé à l’enquête soulignent la qualité et l’importance de la formation professionnelle duale, certains d’entre eux estiment que le système éducatif suisse ne répond qu’en partie à leurs besoins.

A leurs yeux, il y a lieu de mieux tenir compte des besoins évolutifs de l’économie et de favoriser le perfectionnement professionnel.

Le coup de pouce du Conseil fédéral
Faisant écho à ces demandes, le Conseil fédéral vient d’adapter l’ordonnance sur la formation professionnelle dont l’objectif est d’améliorer le financement de la formation professionnelle supérieure (FPS).

Un coup de pouce bienvenu pour cette filière de formation qui constitue, au même titre que les hautes écoles, l’une des pierres angulaires du degré tertiaire du système de formation suisse et qui se distingue par une forte orientation vers le marché du travail puisque les associations patronales et syndicales participent à l’élaboration des plans d’études.

Chaque année, près de 27’000 personnes obtiennent un diplôme de la FPS qui leur permet d’acquérir des qualifications en vue d’exercer des responsabilités complexes et élevées.

A l’heure du numérique, la FPS apporte une contribution importante à la formation tout au long de la vie. Cette formation fournit à l’économie les cadres et les spécialistes dont elle a un besoin accru, contribuant ainsi à la compétitivité internationale de notre pays.

Actuellement, les cours de préparation de la FPS sont financés par les participants eux-mêmes et dans une moindre mesure par leurs employeurs.

Certains cantons soutiennent également une partie des formations.

En revanche, la Confédération ne s’engage pas directement, mais seulement à travers des contributions forfaitaires aux cantons.

Dès 2018, les personnes ayant suivi des cours préparatoires aux examens professionnels fédéraux et supérieurs recevront une aide financière fédérale directe selon des critères uniformes dans toute la Suisse. Ce changement peut paraître anodin au premier abord.

Les avantages de la révision
En réalité, passer d’un subventionnement cantonal orienté vers l’objet (l’offre) à un régime axé sur le sujet (la personne) constitue une petite révolution qui présente plusieurs avantages.

En gommant les différences des régimes de subventionnement cantonaux, souvent discriminatoires, cette révision va simplifier le système de financement de la FPS en le rendant plus transparent. Elle assure également une concurrence équitable entre fournisseurs et prévient l’excès de scolarisation et des réglementations supplémentaires.

Mais surtout, le modèle de financement axé sur la personne aura pour effet d’alléger la charge financière qui pèse sur les participants aux examens, ce qui, par ricochet, va accroître la demande pour cette formation.

Le commentaire de Marco Taddei est paru dans «L’Agefi».