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Le paysage suisse des salaires devient de plus en plus disparate

L’enquête suisse sur la structure des salaires 2004 montre que la distribution des revenus en Suisse dépend de plus en plus de facteurs «extérieurs». Pour le reste, elle révèle les progrès réalisés en termes d’égalité entre l’homme et la femme, l’influence croissante de la taille des entreprises sur le montant des salaires, et le rôle particulier joué par la main-d’œuvre étrangère.

De 2002 à 2004, le salaire médian a progressé en Suisse de plus de 2%, pour s'élever à Fr. 5548.- bruts par mois. Cette progression du pouvoir d'achat est cependant fonction d'éléments de plus en plus différenciés. Les critères déterminants du montant d'un revenu ne sont pas seulement la formation et les aptitudes d'une personne active, mais aussi le domaine économique dans lequel elle travaille, la taille de l'entreprise qui l'occupe, la région où elle vit, et enfin son sexe.

Autre facteur de différenciation: la taille des entreprises

L'économie suisse a enregistré des progrès au titre des écarts de salaires entre hommes et femmes. En 2004, les Suissesses gagnaient certes, en moyenne, encore 19,7% de moins que leurs collègues masculins, mais cette différence s'est réduite de manière significative par rapport aux années précédentes.

L'étude révèle en outre que les entreprises les plus grandes versent des salaires plus élevés. Celui qui travaille dans une entreprise de la catégorie " 50 salariés et plus " peut obtenir jusqu'à 15% de salaire de plus que ce qu'il toucherait dans une entreprises occupant moins de 20 personnes. La distribution des entreprises par tailles à travers tous les secteurs économiques fait clairement ressortir le fait que la colonne vertébrale de la production industrielle helvétique est constitué par les PME, puisque dans ce segment, plus de 58% des salariés travaillent dans une entreprise qui occupe moins de 100 personnes. Dans le secteur des services, en revanche, plus de la moitié d'entre eux exercent leur profession dans une entreprise de plus de 100 personnes, et pas moins d'un tiers dans une entreprise comptant plus de 500 collaborateurs. Ces deux résultats opposés reflètent la mutation structurelle à l'œuvre sur la place économique suisse. En lieu et place des géants industriels d'antan, on voit ainsi surgir des " big players " dans les secteurs des services financiers, du développement des logiciels ou du conseil.

Les étrangers aux deux pôles opposés

Une particularité remarquable est la position des travailleurs étrangers dans la distribution des salaires. Si les étrangers sont ceux qui touchent les salaires les plus élevés pour les emplois les plus qualifiés, on observe exactement le contraire pour les postes à bas niveau de qualification ; dans ce segment, les travailleurs étrangers ont en 2004 presque partout gagné moins que les travailleurs suisses. Cela illustre bien la nécessité d'une ouverture du marché du travail pour la place économique suisse. L'économie helvétique a intérêt d'une part à disposer de main-d'œuvre étrangère très qualifiée, à laquelle elle offre des salaires en rapport. D'un autre côté, elle a aussi besoin de travailleurs peu coûteux, qui acceptent d'effectuer les travaux dont les Confédérés ne veulent plus.



17.11.2005
© SCHWEIZERISCHER ARBEITGEBERVERBAND

 
   
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